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Troubles du comportement alimentaire : comment en sortir ?

Quelle prise en charge ?

Sitôt dépisté, un trouble du comportement alimentaire doit être traité grâce au soutien d’une équipe pluridisciplinaire : médecin, diététicien ou nutritionniste, psychologue ou psychiatre. Les précisions du Pr Daniel Rigaud.

 

Les troubles du comportement alimentaire (TCA) ont des répercussions sur l’état de santé, pouvant même engager le pronostic vital. Ils altèrent la qualité de vie, « accompagnant et aggravant un manque de confiance en soi, d’estime de soi et d’affirmation de soi ». C’est dire s’il est important de les prendre en charge, en sachant que plus le traitement sera précoce plus grandes seront les chances de guérison.

 

Les principaux risques pour la santé

 

L’anorexie mentale entraîne systématiquement une interruption des règles (aménorrhée) qui a notamment pour conséquence une ostéoporose, ou déminéralisation osseuse. Elle s’accompagne d’une dénutrition, avec fonte musculaire, troubles digestifs, fatigue, frilosité. En cas de maigreur extrême, le décès peut survenir par arrêt cardiaque. Les femmes qui restent trop maigres ont des difficultés à concevoir un enfant. Et lorsqu’elles parviennent à être enceintes, elles ont plus de risques d’accoucher prématurément et d’avoir un bébé de faible poids de naissance.

 

La boulimie avec vomissements peut entraîner un manque de potassium dans le sang (hypokaliémie), avec pour conséquence des troubles du rythme cardiaque. De plus, des vomissements fréquents altèrent le tube digestif (œsophagite, reflux spontanés…) et l’émail dentaire. Renforçant le manque d’estime de soi, la boulimie est parfois associée à des tentatives de suicide.

 

La prise en charge nutritionnelle

 

« Les prises en charge nutritionnelle et psychologique sont tout aussi importantes et doivent être simultanées », insiste le Pr Rigaud.

 

Dans le cas de l’anorexie mentale, la dénutrition doit être corrigée au plus vite de façon à protéger l’état de santé de la patiente. L’objectif est de retrouver un indice de masse corporelle (IMC) au moins égal à 18,5. « Pour atteindre cet objectif, l’apport énergétique doit être élevé, supérieur aux besoins habituels. C’est pourquoi chez les patientes les plus amaigries, l’alimentation par sonde naso-gastrique (administration d’une alimentation équilibrée très finement mixée via un tuyau souple de faible diamètre allant du nez à l’estomac) peut être proposée en complément des repas. »

 

En dehors des crises de boulimie ou des compulsions alimentaires, la plupart des personnes concernées suivent un régime amaigrissant très strict. « La guérison de ces troubles alimentaires passe par le retour à des repas équilibrés sans interdits. En outre, corriger les multiples carences en micronutriments induites par la restriction va dans le sens d’une correction des dysfonctionnements neuro-sensitifs. Chez certaines patientes boulimiques, l’alimentation par sonde peut également être envisagée, pouvant les aider à ne plus connaître de crises. »

 

 

La prise en charge psychologique et comportementale

 

Les troubles du comportement alimentaire sont très fréquemment associés à différents troubles psychologiques (anxiété, dépression…), qu’ils tendent à aggraver. Différentes prises en charges peuvent être associées :

 

Une psychothérapie doit permettre d’identifier les causes de la survenue du trouble alimentaire. « On retrouve très souvent un traumatisme psychique, physique ou sexuel, qui peut être intervenu plusieurs années avant le début du TCA, sans que la patiente ne puisse faire le rapport. »

 

La thérapie cognitivo-comportementale (TCC) permet d’identifier les pensées, les émotions, les sentiments qui agitent la patiente lorsqu’elle rejette la nourriture ou ressent un accès de boulimie. Ce qui, à terme, l’aidera à faire face à son trouble.

 

Les thérapeutes doivent aussi aider les patientes à accepter un poids « normal » et à faire la paix avec certains aliments.

 

Les médicaments. « Lorsque ces différentes prises en charge ne donnent pas le résultat escompté, il est possible d’ajouter un traitement médicamenteux, notamment certains médicaments antidépresseurs. »

Chiffres à l’appui, le Pr Rigaud se veut optimiste : « Ces dernières années, l’imagerie cérébrale a permis de grands progrès dans la compréhension des TCA. Désormais, deux tiers des malades guérissent totalement. » Soit environ deux fois plus que dans les années 1980. Une bonne raison pour ne pas se résigner et de consulter, le cas échéant.

 

 

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