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Diététique et exercice, le ticket gagnant

Haro sur la malbouffe et la sédentarité

L’activité physique sur ordonnance, ce sera désormais possible en France. C’est écrit noir sur blanc dans la nouvelle loi de santé. L’influence de l’exercice sur la santé est au moins aussi importante que celle de l’alimentation. Entretien avec le Pr Jean-Michel Oppert, chef du service de nutrition de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris.

 

Notre mode de vie a radicalement changé depuis un demi-siècle. Les effets sur la santé de repas plus riches en denrées animales et en produits industriels ont été identifiés dès les années 1970 par l’étude dite « des 7 pays », qui oppose le régime traditionnel Crétois au régime à l’américaine. Aujourd’hui, il est clairement établi qu’une alimentation de type occidental – pauvre en végétaux, riche en graisses et à index glycémique élevé – favorise l’obésité et la plupart des maladies les plus courantes : diabète, maladies cardio-vasculaires, certains cancers… Autre phénomène contemporain, la sédentarité. Etudiées depuis une dizaine d’années, ses conséquences sur la santé sont qualifiées de dangereuses par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

 

Qu’est-ce que la sédentarité ?

Pr Jean-Michel Oppert - Etre sédentaire, c’est passer la plus grande partie de son temps assis ou couché. A l’école, au travail ou à la maison, nous restons assis de longues heures devant un écran (ordinateur, tablette, télévision, jeux vidéo). Et beaucoup d’entre nous se déplacent en voiture ou autre engin motorisé, d’où une très faible dépense d’énergie. On peut très bien être sédentaire et sportif, si on passe sa journée dans un bureau, tout en pratiquant une activité sportive de loisir quelques heures par semaine.

 

Quelles sont les principales conséquences de la sédentarité sur la santé ?

J-M. O - La sédentarité favorise le surpoids, d’autant qu’elle est souvent associée au grignotage. Elle augmente le risque de diabète de type 2, d’hypertension artérielle, de maladie cardio-vasculaire et de certains cancers. Ainsi dans une méta-analyse publiée en 2012 –synthèse de 18 études regroupant 800 000 participants –, des chercheurs britanniques ont mis en évidence un risque accru de diabète de 112 %, de mortalité cardio-vasculaire de 90 % et de mortalité prématurée de 49 % chez les plus sédentaires par rapport aux plus actifs. Les risques liés au mode de vie sédentaire sont moindres chez ceux qui ont un niveau d’activité physique au moins égal aux recommandations de l’OMS, soit trente minutes d’activité modérée par jour.

 

Comment lutter contre la sédentarité ?

J-M. O - Effectuer régulièrement des coupures lors des occupations sédentaires prolongées permet de minimiser les risques de maladie. Il s’agit de se lever et de marcher un peu toutes les heures et demie. Cela peut consister, au travail, à se rendre aux toilettes, dans un bureau voisin ou dans une salle de pause. On peut aussi rester assis et contracter ses muscles volontairement.

 

Quels sont les principaux intérêts de l’activité physique pour la santé ?

J-M. O - L’activité physique (marche, ménage ou jardinage actif, pratique sportive) aide à stabiliser le poids. Elle améliore la sensation de bien-être et lutte contre la dépression. Elle permet de faire baisser la glycémie (taux de sucre sanguin), la tension artérielle et le taux de mauvais cholestérol (LDL) et, ainsi, de réduire le risque cardio-vasculaire. Elle contribue à la prévention des cancers les plus fréquents (sein, côlon, prostate). Elle optimise le capital osseux et retarde l’ostéoporose. Elle facilite le maintien des facultés intellectuelles et de la mémoire. Chez les personnes âgées, elle ralentit la fonte musculaire et diminue le risque de chute.

 

La nouvelle loi de santé prévoit la possibilité pour les médecins de prescrire de l’activité physique adaptée (APA). De quoi s’agit-il ?

J-M. O - Il s’agit d’activité adaptée à la condition physique et à l’état de santé des patients. L’APA, au même titre que la diététique, compte parmi les thérapeutiques non médicamenteuses efficaces pour la prise en charge de nombreuses affections chroniques : obésité, diabète de type 2, hypertension artérielle, insuffisance cardiaque ou respiratoire arthrose... Dans la plupart des cas, elle réduit le besoin en médicaments.

La loi n°2016-41 de modernisation de notre système de santé a été promulguée le 26 janvier : http://www.legifrance.gouv.fr/

 

Le Programme National Nutrition Santé : www.mangerbouger.fr/PNNS

Des bénéfices décuplés

Quand diététique et activité physique sont associées, leurs effets positifs sont démultipliés. Trois exemples pour vous motiver !

 

Il y ceux qui mangent sainement, mais qui détestent bouger. Et ceux qui pratiquent du sport intensément et considèrent qu’ils peuvent manger n’importe quoi. L’idéal pour la santé est en réalité de jouer sur les deux tableaux.

 

Pour garder la ligne

Pas d’autre solution pour éliminer quelques kilos superflus que de modérer son apport énergétique, qu’il s’agisse de consommer des quantités plus adaptées à ses besoins ou de rééquilibrer son alimentation. Mais la perte de poids s’accompagne systématiquement d’une fonte musculaire, ce qui a pour conséquence de diminuer le besoin énergétique. Autrement dit, plus on maigrit, moins il faut manger pour stabiliser le poids obtenu. L’exercice physique permet de restaurer la masse musculaire et ainsi d’éviter l’effet yoyo. En outre, il facilite l’utilisation par l’organisme des réserves de graisses en guise de carburant. « Un premier objectif consiste à atteindre les recommandations, c’est-à-dire pratiquer trente minutes par jour d’activité modérée de type marche rapide, rappelle le Pr Jean-Michel Oppert. Mais après un amaigrissement important, le maintien du poids nécessite plutôt soixante minutes quotidiennes. »

 

Pour prévenir ou traiter le diabète

Alimentation équilibrée et activité physique régulière permettent de prévenir ou de retarder l’apparition d’un diabète de type 2 chez les personnes prédisposées génétiquement. « Ceci a bien été démontrée par deux études d’intervention, l’étude de prévention du diabète menée en Finlande et le Programme de prévention du diabète aux Etats-Unis. Après 3 à 6 ans de suivi, l’incidence du diabète était deux fois moins importante dans les groupes ayant bénéficié d’une intervention sur le mode de vie que dans les groupes témoins. » L’association d’un régime équilibré et d’une activité régulière peut également suffire à traiter un diabète de type 2 débutant et ce, parfois, pendant plusieurs années. Quel que soit le stade du diabète, une bonne hygiène de vie permet de limiter la prise de médicaments.

 

Pour lutter contre le cancer

Si l’on en croit les experts de l’Institut national du cancer (INCA), 40 % des cancers pourraient être évités avec une meilleure hygiène de vie : absence de tabagisme, consommation nulle ou très faible d’alcool, prévention du surpoids, pratique d’une activité physique régulière, alimentation riche en céréales complètes, consommation d’au moins 5 portions quotidiennes de fruits ou légumes, modération sur le sel, les charcuteries et les viandes rouges. Les fruits et légumes, les aliments céréaliers complets apportent de nombreux nutriments protecteurs, tels que les vitamines anti-oxydantes et les fibres. L’activité physique agit indirectement en aidant à gérer le poids et directement en réduisant les facteurs de croissance des tumeurs cancéreuses. Depuis 2011, la Haute Autorité de santé (HAS) recommande aux personnes souffrant d’un cancer de pratiquer une activité physique adaptée. Celle-ci contribue à diminuer la sensation de fatigue, à lutter contre l’anxiété et, surtout, à réduire le taux de récidives jusqu’à 50 %, selon les cas.

L’Institut National du Cancer (Inca) : http://www.e-cancer.fr/

 

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