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Etudiants : une alimentation pas toujours très saine

Vie en solo, stress, petit budget… Le passage à la vie étudiante s’accompagne souvent d’un changement de mode de vie. Résultat, c’est l’assiette qui trinque.  

Des repas bâclés

Selon le Baromètre « Santé Jeunes 2010 » de l’Inpes (1), seulement 6 % des étudiants consomment 5 fruits ou légumes par jour et 38 % du poisson deux fois par semaine. Les filles, soucieuses de leur ligne, sont moins adeptes de fast-food ou de boissons sucrées. Entre 19 et 25 ans, ils sont 15 % à sauter le petit-déjeuner. « C’est probablement durant leur première année de vie étudiante que les jeunes se nourrissent le plus mal, estime Brigitte Pavaut, diététicienne attachée au Crous d’Aix-Marseille (2). Certains prennent du poids, d’autres cumulent les hypoglycémies matinales. » Toutefois, relativise la diététicienne, « tous les jeunes ne mangent pas si mal, en particulier ceux qui sont encore hébergés par leurs parents ».

Une consommation d’alcool en hausse
On assiste chez les jeunes à une augmentation des alcoolisations ponctuelles importantes, de plus de 4 verres pour les filles, 5 verres pour les garçons en une seule occasion. « De surcroît, les jeunes ont tendance à s’orienter vers des alcools forts de type vodka, souligne le Dr Alexandre Baguet, responsable du service d’addictologie au CHU de Rouen. Ils constituent l’une des cibles de l’industrie de l’alcool, qui a créé pour eux les prémix, mélanges de sodas ou jus de fruits et d’alcool. » Or, l’alcoolisation induit des troubles du comportement, des risques d’accidents sur la voie publique et d’agression sexuelle. Après une alcoolisation aiguë, la mémorisation est perturbée durant deux à trois jours, « avec des conséquences à la fin de l’année scolaire si la fête se renouvelle tous les week-ends… ». Enfin, le Dr Baguet insiste sur le lien entre consommation ponctuelle massive chez les jeunes et risque de dépendance quelques années plus tard.

(1)  Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (http://www.inpes.sante.fr/).

(2)  Centre régional des œuvres universitaires et scolaires.

Quoi de neuf du côté du « restau U » ?

Option bon marché, le restaurant universitaire peut également contribuer à une alimentation équilibrée. Longtemps décrié, le restau U fait aujourd’hui l’objet d’une attention redoublée.

Une offre qui s’améliore

Si les restaurants universitaires ont une mission sociale, dans le cadre du Programme National Nutrition Santé, les pouvoirs publics leur ont adjoint un nouvel objectif : l’accès des étudiants à une alimentation équilibrée et à une information nutritionnelle. Pionnière en la matière, Brigitte Pavaut, diététicienne attachée au Crous d’Aix-Marseille, a mis en place des buffets de sensibilisation et contribué à améliorer l’offre des restaurants universitaires de son académie. « Chaque jour, les étudiants se voient proposer deux crudités bio de saison, des légumes servis systématiquement avec des féculents, du pain au levain bio, une corbeille de fruits et, l’hiver, un bol de soupe gratuite. » Un projet baptisé « Alimentation des étudiants » a également démarré à Clermont-Ferrand où deux nutritionnistes, Céline Gryson et Emilie Chanseaume, ont développé l’action « Manger rusé » avec animations au Restau U d’ateliers culinaires destinés aux résidents universitaires. Des initiatives du même genre ont vu le jour à Bordeaux et Quimper. « Et la publication attendue d’un décret visant à améliorer l’équilibre nutritionnel dans les restaurants universitaires devrait inciter l’ensemble des Crous à se mobiliser », selon Brigitte Pavaut.  

Mieux se nourrir grâce au restau U
Diverses enquêtes le confirment : les étudiants qui fréquentent régulièrement le restau U ont une alimentation plus équilibrée. Ils peuvent ainsi consommer des aliments qu’ils ne s’achètent pas forcément comme de la viande, du poisson, des légumes, voire des fruits. Le prix des repas est fixé par décret chaque année. Il était de 3,10 euros pour l’année écoulée. Si cette somme paraît élevée pour certains, « il faut essayer de ne pas trop dépenser dans des produits non essentiels comme les viennoiseries ou le fast-food », insiste Brigitte Pavaut. Et si le restau U ne propose pas encore de menu équilibré, le mieux est de se référer aux 9 repères du PNNS pour élaborer son repas.

En quête de repas sains ? Conseils pratiques…

Faire rimer vie étudiante et alimentation équilibrée, c’est tout à fait possible. Les astuces de la diététicienne Brigitte Pavaut et de la nutritionniste Emilie Chanseaume.

Comment concilier temps de sommeil suffisant et petit-déjeuner équilibré ?

Si vous vous levez à la dernière minute, achetez en route un petit pain individuel aux noix ou aux raisins. Complétez par du fromage (pensez aux portions individuelles, ça évite de gâcher) et par une compote sans sucres ajoutés ou un fruit tel qu’une banane.

Quels sont les ingrédients d’un brunch équilibré ?
A une base de petit-déjeuner, ajoutez des aliments riches en protéines, qui procurent une bonne satiété : œufs, jambon ou fromage blanc. N’abusez ni des viennoiseries, riches en graisses de mauvaise qualité, ni du pain de mie qui, contrairement au pain traditionnel, renferme des graisses et du sucre.

Comment s’organiser lorsqu’on a cours à l’heure du déjeuner ?

Achetez un sandwich ou une salade composée à la cafétéria, et complétez par un yaourt et un fruit. Contrairement aux idées reçues, le sandwich est un bon aliment à condition de ne pas dégouliner de mayonnaise. Si vous préférez une salade, mangez du pain avec, sinon vous aurez rapidement faim.

Comment échapper au grignotage quand on travaille chez soi ?
Pour ne pas avoir faim durant la journée, mangez à tous les repas et veillez à leur équilibre. Cela passe par des légumes ou un fruit, du pain ou des féculents, et une source de protéines (poisson, viande…). S’il est tentant de grignoter pour se donner du courage, mieux vaut éviter de prendre de mauvaises habitudes. Préférez une vraie pause dans l’après-midi avec du pain et du chocolat, ou un yaourt et des fruits secs, ou encore un fruit de saison.

Que servir aux copains quand on les invite ?

Pour changer des pâtes à la bolognaise, tentez les « wraps » : des galettes de blé fourrées d’une sauce au fromage frais, de tomate ou de concombre et de jambon ou de thon. Autre idée, les bruschettas : du pain de campagne (en boule, il se conserve bien) grillé et agrémenté de tomates concassées, et de mozzarella ou de chèvre gratiné.

 

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