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Les laits pour bébés : faire le bon choix

Qu’on allaite ou pas, on est amené à un moment ou un autre à donner à son enfant un lait pour nourrisson ou un lait de suite. Lequel choisir ? Les réponses du Pr Bertrand Chevallier, chef du service de pédiatrie de l’hôpital Ambroise Paré à Boulogne (92).


Une formulation sans cesse améliorée

« La composition des laits infantiles est strictement réglementée. » Ainsi, tous les laits pour nourrissons (de 0 à 5 mois) s’approchent au mieux de la composition du lait de femme en ce qui concerne les apports en protéines, lipides, glucides, minéraux et autres micronutriments. Impossible, toutefois, d’y mettre des anticorps maternels ! Les industriels ont, donc, mis au point des laits enrichis en probiotiques (bifidobactéries, lactobacilles) : « Bien qu’encore insuffisantes, les études suggèrent toutefois un intérêt dans la prévention des infections intestinales et des allergies alimentaires ».

 

Un lait pour chaque "bobo"

Lorsque les enfants ont trop de remontées de lait, le pédiatre peut conseiller un « lait anti- régurgitation » ou « confort », épaissi par de la caroube ou de l’amidon. Il existe aussi des laits acidifiés à teneur réduite en lactose (un sucre) destinés aux bébés présentant des coliques. Enfin, en cas d’allergie aux protéines du lait de vache (qui peut se déclencher dès le premier biberon de lait pour nourrisson), le pédiatre prescrit pendant plusieurs mois un « hydrolysat poussé de protéines ».

 

Non aux « laits » végétaux

Jus de soja, d’amandes, de riz, d’avoine… « Ils ne peuvent en aucun cas se substituer au lait infantile, même si l’enfant est allergique au lait de vache. En effet, ils ne fournissent pas suffisamment de protéines et de calcium pour répondre aux besoins de croissance des petits ». Quant au lait de vache, il ne convient pas aux moins de 12 mois : il est trop riche en protéines et en minéraux, et trop pauvre en acides gras essentiels Omégas 3 et 6. « Il peut, en revanche, être introduit entier à partir de l’âge de 1 an, même si le lait de croissance a une composition plus adaptée entre 1 et 3 ans ».

Modes alimentaires à la mode

« La mode, c’est ce qui se démode », disait Cocteau. Les habitudes alimentaires n’échappent pas à la règle. Car si elles évoluent avec l’âge, le climat et les lieux géographiques, elles changent également avec les époques ! Du coup, les parents et grands-parents peuvent légitimement se sentir désarçonnés et avoir envie de comparer avec leur propre passé afin de se rassurer. Mais « de mon temps » était-ce mieux ? Beaucoup de bêtises ont ainsi été dites en matière de soins de puériculture. C’est particulièrement vrai en ce qui concerne l’âge de la diversification alimentaire avec des records de précocité, qui ont été proposés au mitan du siècle passé : des sardines à 3 semaines, des frites et de la mayonnaise à 6 semaines !

 

En réalité, les changements nutritionnels résultent de l’évolution des connaissances, de plus en plus scientifiques. Ils sont aussi en interaction avec les modifications de composition des aliments pour bébé, de plus en plus sophistiqués. Des laits « dévachisés », on est ainsi passé à de vrais laits « maternisés » bien que cette appellation soit – à juste titre – interdite. De fait, le recul de l’allaitement maternel a conduit à ce que l’on diversifie plus précocement l’alimentation pour couvrir au mieux les besoins des nourrissons en essayant de « copier » ce lait maternel inaccessible. On a donc enrichi le lait de vache en fer ou en acides gras essentiels (indispensables au développement cérébral, rétinien et auditif), tout en l’appauvrissant en protéines. A l’exact opposé de ce qui se pratiquait dans les années 1970.

 

Mais c’est surtout dans l’ordre et la date de la diversification que les modes se sont déchaînées, au gré des hypothèses sur les allergies alimentaires. A cet égard, le bon sens doit l’emporter. Le lait maternel (ou ses substituts) est parfait jusqu’à 5 mois. Ensuite, on peut commencer à diversifier pour équilibrer. Si débat il y a aujourd’hui, il concerne plutôt la question – autrement plus sérieuse – des quantités. Une réserve qui vaut également pour certains choix, extrêmes, qui peuvent conduire à refuser les produits animaux (régime végétalien) ou à se méfier des légumes à cause des pesticides.

 

Dr Jean-Michel Lecerf
Service de Nutrition – Institut Pasteur de Lille

 

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