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Dossiers Après 50 ans

L’alimentation du diabétique

Le diabète, une épidémie ?

Le diabète ne cesse de progresser dans le monde, et plus encore le diabète dit de type 2. Peut-on s’en préserver ? Cinq questions au Pr Martine Duclos, chef du service de médecine du sport au CHU de Clermont-Ferrand.


Combien de Français seraient aujourd’hui concernés par cette maladie ?

Pr Martine Duclos – Un peu plus de 3 millions de Français sont actuellement traités pour un diabète. Mais on estime à 700 000 le nombre de personnes diabétiques qui n’ont pas encore été diagnostiquées, faute de faire régulièrement une prise de sang.

Pourquoi parle-t-on d’épidémie ?

M.D – En 2013, on dénombrait quelque 382 millions d’individus diabétiques dans le monde, alors qu’ils n’étaient que 177 millions en 2000. Il est surprenant, a priori, de constater l’ampleur prise par cette maladie en Asie, un continent où elle était quasiment absente il y a encore quelques années. Mais le développement du diabète de type 2 s’explique par les changements de mode de vie : alimentation appauvrie en végétaux et enrichie en graisses, produits sucrés et réduction de l’activité physique. Ce qui favorise l’obésité, pathologie pour laquelle on parle aussi d’épidémie.

Peut-on rappeler ce qui distingue le diabète de type 1 du diabète de type 2 ?

M.D – Dans tous les cas, le diabète se définit par une glycémie (taux de glucose ou sucre sanguin) trop élevée, supérieure à jeun à 1,26 g par litre. Le diabète de type 1, classiquement diagnostiqué chez l’enfant ou le jeune adulte, augmente peu. Il est dû à un dysfonctionnement du pancréas qui ne fabrique quasiment plus d’insuline, l’hormone qui normalise la glycémie après les repas. Quant au diabète de type 2, qui représente plus de 90 % des cas de diabète, il a longtemps été « réservé » aux adultes de plus de 50 ans. Mais dès lors que l’obésité concerne désormais les jeunes, il se développe parfois dès l’adolescence. Il s’explique par un manque d’efficacité de l’insuline, en rapport avec l’excès de graisses présent dans l’organisme. Même s’il n’est pas soigné d’emblée par des injections d’insuline, ce diabète ne doit pas être pris à la légère compte-tenu de ses complications potentielles : risque cardio-vasculaire accru, atteinte des reins et des yeux, perte de sensibilité au niveau des pieds, etc.

Existe-t-il des personnes à risque ?

M.D – Le diabète est une maladie souvent héréditaire. On est à risque quand un ou plusieurs membres de la famille proche (mère, père, sœur, frère) sont diabétiques. Mais le diabète de type 2 se déclenche surtout lorsque l’environnement est défavorable. L’obésité, par exemple, multiplie par 5 le risque de développer la maladie chez les personnes prédisposées, l’obésité abdominale étant la plus problématique. Il faut également citer le manque d’activité physique et la sédentarité, c’est-à-dire le fait de rester durablement assis. Chez les femmes, avoir eu un diabète au moment de la grossesse ou avoir accouché d’un bébé pesant plus de 4 kilos prédisposent au diabète de type 2 quelques années plus tard. Toutes les personnes à risque devraient effectuer une analyse de sang une fois par an.

Est-il possible de se protéger du diabète ?

M.D – Une activité physique régulière couplée à une alimentation équilibrée prévient l’apparition du diabète dans 50 % des cas, selon cinq grandes études qui ont suivi durant plusieurs années des personnes à risques. Même si le diabète doit se déclarer, il survient plus tardivement dès lors qu’on adopte une bonne hygiène de vie et qu’on surveille son poids. Ce qui passe par 30 minutes d’activité physique par jour. Cette recommandation comprend la marche ainsi que toutes les activités de la vie quotidienne (ménage, bricolage et jardinage). Enfin contre la sédentarité, il est conseillé à ceux qui travaillent assis de se lever 1 à 2 minutes toutes les heures.

Diabète, quel régime ?

Contre le diabète, nul autre régime qu’une alimentation équilibrée. Qu’elle soit associée ou non à des médicaments, elle constitue avec l’activité physique la clé de voûte du traitement. Les explications de Magali Baudot, diététicienne à l’hôpital parisien de la Pitié-Salpêtrière.


Priorité à l’équilibre

« Manger équilibré est important pour tout le monde, que l’on soit diabétique ou non. Cela évite les carences, chaque famille d’aliments fournissant des nutriments spécifiques. En outre, le rééquilibrage de l’alimentation permet, dans la plupart des cas, de perdre du poids, ce qui va dans le sens d’une normalisation des glycémies. »

Concrètement, un repas principal équilibré comprend des légumes, crus ou cuits, des féculents (pâtes, pommes de terre, légumes secs…) et/ou du pain, de la viande ou du poisson ou des œufs, un produit laitier (laitage ou fromage) et un fruit. « Il faut savoir que les aliments glucidiques (pain, féculents, fruits…) ont moins d’impact sur l’augmentation de la glycémie lorsqu’ils sont associés à des aliments non glucidiques (légumes, viandes, poissons, œufs, produits laitiers). Les fibres des légumes en particulier ralentissent le passage des sucres dans le sang ».


Pas de restriction excessive des glucides

« Les glucides constituent le principal carburant de l’organisme. Diabétique ou pas, on en a besoin ! » Il faut donc prévoir du pain et/ou des féculents à chaque repas. Chez les personnes qui ne se soignent pas à l’insuline, il vaut mieux en manger une proportion raisonnable à chaque repas plutôt qu’une forte proportion à un seul repas afin que ces aliments n’élèvent pas trop la glycémie. Préférez, par exemple, une association de féculents et de légumes (riz et ratatouille, pomme de terre et haricots verts, pâtes et champignons…) midi et soir, à une grosse assiette de pâtes au gruyère le midi et une soupe de légumes le soir.

« Aucun fruit n’est interdit, même ceux qui ont la réputation d’être trop sucrés comme la banane. Il faut juste vérifier la portion qu’on mange, en particulier pour ceux qui se picorent sans compter comme les cerises ou le raisin. » Les aliments sucrés peuvent être consommés en quantité raisonnable (exemple : 1 barre de chocolat ou 2 à 3 biscuits) à la fin des repas. Attention, ils élèveront davantage la glycémie s’ils sont mangés comme en-cas au cours de la journée. Les boissons sucrées de type sodas sont, en revanche, déconseillés... sauf en cas d’hypoglycémie !


Pas trop de graisses

Les graisses sont les nutriments les plus énergétiques. En excès, elles favorisent la prise de poids qui peut être à l’origine du diabète chez les personnes prédisposées ou aggraver la maladie lorsque celle-ci est déjà déclarée. « Puisque le diabète est un facteur de risques cardio-vasculaires, il faut limiter les graisses dites saturées (beurre, fromages, charcuteries, viandes grasses et produits du commerce comportant de l’huile de palme). En revanche, il est important de conserver suffisamment d’Oméga 3 et 6, des graisses essentielles qui sont, de surcroît, protectrices du cœur et des vaisseaux sanguins. Il convient de privilégier les huiles de colza ou de noix, de manger des noix, de consommer une, voire deux fois par semaine un poisson gras (maquereau, sardine, saumon…). »

En clair, le « régime » diabétique ne doit pas être trop restrictif afin de pouvoir être suivi sur le long terme. Pour avoir des menus sur mesure, il est souhaitable de consulter un diététicien dans le cadre d’un service hospitalier de diabétologie ou d’un réseau de soins consacré au diabète, dont les coordonnées peuvent être fournies par le médecin généraliste.

En savoir plus

Magali Baudot est co-auteure de la collection de livres de recettes intitulée Diabète et plaisir, à paraître en mars 2015, aux éditions de La Martinière.

Les réponses à vos questions

Comment manger en toute liberté quand on est diabétique ? Conseils et astuces de Magali Baudot, diététicienne.


Un diabétique peut-il manger un gâteau ?

Magali Baudot – Oui, il suffit de le consommer à la fin d’un repas équilibré en conséquence. Par exemple, une tarte aux pommes est composée d’une pâte à base de farine et de matière grasse, de pommes et de sucre. Il faut donc prévoir un repas sans pain (pour compenser la farine), pas trop gras (laitage plutôt que fromage, poisson blanc plutôt que viande…) et sans fruit. Exemple : salade de carottes, filet de cabillaud et fondue de poireau, riz basmati (quelques cuillères), yaourt nature et tarte aux pommes.


Est-il possible de varier les menus ?

M.B – Les personnes qui se soignent avec des injections d’insuline (une injection d’insuline à action rapide par repas) ont la possibilité d’augmenter la dose si elles consomment plus de glucides dans le cadre d’un repas festif ou, au contraire, de la réduire si elles sont amenées à prendre un repas plus léger que de coutume. Cette « liberté » alimentaire implique bien-sûr de connaître la teneur en glucides des aliments et de savoir évaluer la proportion consommée. On peut s’exercer à la calculer dans le cadre d’ateliers animés par des diététiciens ou avoir recours à d’autres outils issus des nouvelles technologies (1).


Que faire en cas d’hypoglycémie ?

M.B – L’hypoglycémie est un manque de sucre dans le sang. Elle peut notamment survenir après une injection excessive d’insuline (par rapport à l’apport de glucides du repas) ou à la suite d’une activité physique plus importante que d’habitude (les muscles utilisant le glucose en guise de carburant). Quand on sent venir une hypoglycémie (sueurs, coup de fatigue, vertiges, sensation brutale de faim, difficultés à se concentrer ou à voir bien clair…), il faut tout d’abord arrêter de s’activer et s’asseoir (pour ne pas tomber). Et consommer des sucres qui s’assimilent très vite : 3 morceaux de sucre ou 1 pâte de fruits ou 1 briquette de jus de fruits ou 1 verre (15 à 20 cl) de soda non light.


Quand on saute un repas doit-on modifier le traitement ?

M.B – Il faut éviter de sauter des repas pour ne pas déséquilibrer le diabète ? Mais si cela se produit, en prévention d’une hypoglycémie, il peut être judicieux d’éviter de s’injecter de l’insuline rapide (pour ceux qui se soignent à l’insuline) ou de prendre certains comprimés (mais pas tous !). C’est une question à aborder avec le prescripteur du traitement, médecin généraliste ou diabétologue.


Les jours d’entraînement sportif faut-il forcer sur les pâtes ?

M.B – Suite à un effort physique, la glycémie est plus basse pendant 24 heures. C’est d’ailleurs pourquoi l’activité physique fait partie du traitement du diabète. Mais pour éviter les hypoglycémies, il faut soit réduire le traitement soit manger plus, en augmentant la proportion des féculents aux repas principaux ou en ajoutant une collation de type barre de céréales ou fruits une heure avant l’effort.

(1)    Pour calculer plus facilement l’apport de glucides d’un repas, plusieurs options s’offrent à vous : télécharger les applications « Mon Glucocompteur » ou « Gluci-chek », gratuites sur App Store ou Google Play, ou/et vous rendre sur le site Internet www.cuisinevirtuelle.fr

 

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