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Maladies rénales : quelle alimentation ?

Insuffisance rénale : comment l’éviter

Dans plus de la moitié des cas, l’insuffisance rénale est la conséquence d’une hypertension artérielle ou d’un diabète mal ou non traités. Conseils de prévention avec le Pr Michel Olmer, néphrologue et responsable de centres de dialyse à Marseille.

Les reins produisent l’urine, laquelle permet d’éliminer de nombreux composés qui ne doivent pas s’accumuler dans l’organisme, de l’urée, issue de la dégradation des protéines, à la créatinine, provenant des cellules musculaires en renouvellement. Les reins fabriquent également des hormones : la rénine impliquée dans la régulation de la pression artérielle, l’érythropoïétine indispensable à la production des globules rouges, et le calcitriol (à partir de la vitamine D) qui facilite l’assimilation du calcium.


Quand la fonction rénale s’altère

Chaque rein est constitué d’un million de corpuscules appelés néphrons. Chaque néphron comprend un glomérule, une sorte de filtre qui recueille les composés en provenance du sang devant être éliminés, et un tubule, lieu d’élaboration de l’urine. Une destruction progressive des néphrons aboutit à une maladie rénale chronique qui, lorsqu’elle s’aggrave, devient une insuffisance rénale chronique. « Très longtemps asymptomatique, la maladie n’apparaît que lorsqu’il ne reste plus qu’un tiers des néphrons en état de marche. Or dans bien des cas, elle pourrait être prévenue ou au moins ralentie », souligne le Pr Olmer.

 

Les principales causes de l’insuffisance rénale

  • Le diabète. Non soigné (en l’absence de dépistage, le diabète de type 2 peut passer longtemps inaperçu) ou déséquilibré, il altère les artères et les artérioles (plus petits vaisseaux sanguins) rénales après quelques années d’évolution. Ses effets sont plus délétères encore chez les fumeurs ou en cas d’excès de cholestérol sanguin.
  • L’hypertension artérielle. Mal contrôlée, elle finit par diminuer la filtration glomérulaire et, de ce fait, par empêcher les reins d’épurer correctement le sang. « La pression artérielle doit être mesurée au moins une fois par an. Lorsqu’elle dépasse 13/8, diverses stratégies doivent être mises en place : d’abord une réduction de l’apport de sel, autour de 6 g par jour, puis le cas échéant la prescription d’un médicament hypotenseur ».
  • Diverses maladies du rein, secondaires à d’autres affections (comme le lupus érythémateux) ou héréditaires, des infections urinaires ou des épisodes de calculs urinaires à répétition peuvent être à l’origine d’une insuffisance rénale chronique. « Lorsqu’il y a une maladie rénale dans la famille, il faut en parler au médecin traitant. »
  • L’avancée en âge entraîne une diminution physiologique du nombre de néphrons fonctionnels. « Cette évolution est cependant très variable d’un individu à l’autre. Certains médicaments, comme les anti-inflammatoires non-stéroïdiens dont la prise régulière altère la fonction rénale, ne devraient être prescrits aux personnes âgées qu’avec parcimonie. »

 

Comment dépister une insuffisance rénale ?

Toutes les personnes à risque de développer une maladie rénale chronique doivent être surveillées au moins une fois par an grâce à une analyse d’urine (recherche d’albumine) et une analyse de sang (dosage de la créatinine). Dès les premiers résultats positifs, une consultation chez un néphrologue et la mise en place d’un traitement précoce doivent permettre de freiner l’évolution de la maladie.

Exemple de menu adapté

Petit-déjeuner

  • Café ou thé.
  • Baguette tradition, beurre, confiture.
  • Fruit de saison ou jus de fruit (10 à 15 cl).

 

Déjeuner

  • Crudités (50 g), huile de noix.
  • Viande ou poisson (100 g) ou 2 œufs.
  • Légumes verts (200 g), huile d’olive, épices, fines herbes.
  • 1 yaourt.
  • 1 fruit de saison.
  • Baguette tradition.

 

Dîner

  • Crudités (50 g), huile de noix ou potage maison.
  • Féculents, beurre ou margarine végétale.
  • Fromage : 30 g.
  • 1 fruit de saison.
  • Baguette tradition.

Maladie rénale chronique : quel régime ?

Mis en place dès la découverte de la maladie, un régime adapté permet de freiner la dégradation de la fonction rénale. Les grands principes avec Laura Serio, diététicienne du réseau de néphrologie d’Ile-de-France.

Des reins en bonne santé sont en mesure d’éliminer tous les composés indésirables issus de la digestion des aliments. Mais des reins défaillants doivent être ménagés grâce à une alimentation adaptée. On a longtemps prescrit des régimes trop stricts, carencés et fades qui favorisaient la dénutrition. Aujourd’hui, les conseils sont plus souples.

 

Des aliments à modérer

Certains nutriments en excès donnent trop de travail aux néphrons encore fonctionnels. D’autres accélèrent les complications médicales de l’insuffisance rénale.

 

  • Le sel. « Chacun d’entre-nous, même en parfaite santé, devrait modérer sa consommation de sel en prévention de l’hypertension artérielle : l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) recommande de ne pas dépasser 5 à 6 g par jour. En cas de maladie rénale chronique, un excès de sel favorise les œdèmes et fatigue le cœur (insuffisance cardiaque) : il faut se limiter à 5 g quotidiens ».

En pratique : évitez les chips, les olives en saumure et les biscuits apéritifs. Ne consommez que de façon occasionnelle les plats cuisinés, soupes et sauces industriels. Remplacez le sel de cuisine par des herbes ou des épices. Limitez les charcuteries à une à deux par semaine, et le fromage à une portion quotidienne.


  • Les protéines. « Plus on en consomme, plus les reins ont d’urée à éliminer. Dès le début de la maladie rénale, l’apport doit être limité à 0,8 g par kilo de poids et par jour (par exemple, 56 g de protéines par jour pour une personne pesant 70 kilos). Soit juste ce qu’il faut pour prévenir une fonte musculaire tout en ménageant les reins ».

En pratique : contentez-vous d’une part (100 g) de viande ou de poisson, et de 2 à 3 produits laitiers par jour.

 

  • Les phosphates. « Au stade de l’insuffisance rénale chronique, ils ne peuvent plus être éliminés correctement dans l’urine. Ils viennent former des complexes phosphocalciques qui s’accumulent au niveau des artères et augmentent le risque cardio-vasculaire ».

En pratique : modérer les aliments riches en protéines permet de limiter simultanément l’apport de phosphates. Consommez en petite quantité fruits secs oléagineux (amandes, noisettes…), cacao, chocolat noir et flocons d’avoine. Evitez les aliments ou boissons industriels comportant des additifs à base de phosphates, identifiables par leur numéro de code européen (E 338 à 341, E 343, E 450 à 452).

 

  • Le potassium. « A un stade avancé de la maladie cardiaque, sa concentration devient trop importante dans le sang et perturbe le rythme cardiaque, en ralentissant le cœur ».

En pratique : limitez la quantité ou la fréquence des fruits et légumes secs (abricot sec, noisette, haricot blanc), du chocolat, des châtaignes et des pommes de terre. Faites cuire les pommes de terre et les légumes verts à grande eau pour éliminer une partie de leur potassium qui est hydrosoluble.

 

  • L’eau. « L’apport de boissons doit être limité à 1,5 l par 24 heures, de façon à ne pas surcharger les reins ».

En pratique : souvenez-vous que tout compte (eau, café, thé, infusions, vin…). Et évitez les eaux gazeuses riches en sodium (Saint-Yorre, Vichy-Célestins…).

 

Des mesures de prévention cardio-vasculaire

La maladie rénale favorise les incidents cardio-vasculaires par divers mécanismes. Pour s’en protéger, il est important de surveiller le taux de cholestérol sanguin tout autant que la tension artérielle. En vue de réduire le « mauvais » cholestérol (LDL-cholestérol), il faut favoriser les graisses végétales, en particulier les huiles d’olive, de noix et de colza, sans oublier les poissons gras (hareng, maquereau, sardine, saumon) riches en oméga 3, recommandés une à deux fois par semaine. En revanche, mieux vaut éviter l’huile de palme – présente dans de nombreux aliments industriels –, principalement constituée de graisses saturées. Mais aussi modérer le beurre et la crème fraîche. Enfin, les fruits et légumes contiennent de nombreux antioxydants qui contribuent à la protection cardio-vasculaire.

« Toute personne souffrant de maladie rénale chronique doit suivre un régime personnalisé (avec des apports nutritionnels adaptés aux résultats des examens), expliqué par un diététicien spécialisé en néphrologie, conclut Laura Serio. Ce régime doit être modulé au fur et à mesure de l’évolution de la maladie ».

En savoir plus

Les diététiciens spécialisés en néphrologie exercent en milieu hospitalier ou au sein de réseaux de soins dédiés aux maladies rénales, comme le Réseau de néphrologie d’Ile-de France (Rénif) : www.renif.fr

Les traitements à suivre

Plus tôt la maladie rénale chronique est diagnostiquée et traitée, moins elle a d’impact sur la qualité de vie. Les précisions du Pr Michel Olmer, néphrologue à Marseille.

« Quand les reins malades ne sont plus en mesure d’éliminer correctement les déchets résultant de l’alimentation, le traitement commence par un régime adapté », rappelle le Pr Olmer. Mais en complément, il est important de bien prendre les médicaments prescrits par le néphrologue.

 

Prévenir les conséquences

L’altération de la fonction rénale expose aux maladies cardio-vasculaires, d’où l’importance d’être suivi par un cardiologue qui effectue les examens nécessaires. Pour protéger ses artères, il est essentiel d’arrêter de fumer, le cas échéant, et de pratiquer une activité physique régulière, au minimum de la marche, voire un sport, selon les recommandations du médecin. Un médicament hypotenseur adapté est incontournable.

La maladie rénale chronique peut se compliquer de troubles osseux. En l’absence de traitement, les os se décalcifient, avec un risque de fracture, et des complexes phosphocalciques viennent rigidifier les artères. En prévention, le médecin prescrit un complément de calcium, de la vitamine D ou directement du calcitriol, ainsi qu’un médicament qui réduit l’assimilation des phosphates.

Enfin, l’insuffisance rénale chronique favorise l’anémie et, parfois, les infections. Pour y remédier, l’association de fer avec un médicament qui stimule la synthèse des globules rouges, aide à réduire la sensation de fatigue et à renforcer les défenses immunitaires.

 

Respecter la posologie

« En temps normal, les reins éliminent partiellement ou totalement certains médicaments. Sitôt la maladie rénale chronique diagnostiquée, le néphrologue est amené à modifier les traitements en cours : supprimer ceux qui sont délétères pour les reins (anti-inflammatoires…), réduire la posologie de ceux qui deviennent trop actifs parce qu’ils restent dans le sang plus longtemps (somnifères, antidépresseurs…). Enfin, l’automédication, même avec des médicaments dont l’usage semble banal, est strictement déconseillée ».

 

Compenser les défaillances du rein

« A un stade évolué de la maladie, deux solutions peuvent être proposées en substitution des reins pour épurer le sang de ses déchets et éliminer l’eau excédentaire », indique le Pr Olmer.

 

  • La dialyse péritonéale : elle se pratique à domicile et en continu, de jour ou de nuit. Au préalable, on implante sous anesthésie un cathéter (petit tuyau souple) dans la cavité abdominale. « Le patient utilise ce cathéter pour s’injecter un liquide stérile qui, grâce à l’action de filtre naturel du péritoine (la membrane qui enveloppe les organes du tube digestif), va peu à peu se charger en déchets à éliminer (urée, sel, phosphore…). Une fois le liquide saturé, il suffit de le jeter et de renouveler l’opération avec une nouvelle poche.
  • L’hémodialyse : elle se pratique dans un centre d’hémodialyse, en général trois fois par semaine. « Le sang est ponctionné grâce à une aiguille placée au niveau de l’avant-bras. Il est épuré via un dialyseur (une machine équipée d’un filtre et d’un liquide de dialyse), puis réinjecté. Cette technique oblige à se déplacer, mais pour quelques patients, elle peut se pratiquer la nuit à domicile. »

 

De tels traitements permettent de sauver la vie des patients, qu’ils soient ou non en attente d’une transplantation rénale. Mais, comme le rappelle le Pr Olmer, « ils sont très contraignants et remettent clairement en cause la qualité de vie. » Autant éviter d’en arriver à ce stade en privilégiant la carte de la prévention.

En savoir plus

Vivre avec une maladie des reins, ouvrage dirigé par le Pr Michel Olmer, édité par l’association Liaison, information en néphrologie : www.vivreavecunemaladiedesreins.fr

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