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La vérité sur les laits de chèvre et de brebis

Les laits de chèvre ou de brebis seraient plus sains que le lait de vache, entend-on souvent. Une idée reçue démentie par les experts.

Les produits laitiers de vache sont régulièrement accusés de divers maux, qui vont des rhumatismes aux troubles digestifs, en passant par les cancers : rumeur ou réalité ?

 

Troubles digestifs dus au lait : fréquents mais sans gravité

Ils sont liés à une intolérance au sucre du lait, le lactose, fréquente dans la population adulte française. Normalement, explique Marie-Christine Morin, cadre diététique à l’hôpital Nord de Marseille et spécialisée en gastro-entérologie, « le lactose est digéré par la lactase, une enzyme située au niveau de l’intestin grêle. Toutefois, la production de lactase a tendance à s’amoindrir avec l’avancée en âge. Lorsqu’elle devient minime ou nulle, le lactose non digéré se retrouve dans le côlon où il est fermenté par la flore intestinale, d’où des ballonnements, voire de la diarrhée. » Troquer le lait de vache contre du lait de chèvre ou de brebis n’y change rien, puisque les trois laits contiennent la même proportion de lactose.

« Si vous pensez mal digérer le lait, reprend la diététicienne, vous pouvez lui substituer des yaourts, dont les ferments digèrent le lactose grâce à leur propre lactase, ou des fromages affinés qui perdent leur lactose en cours de fabrication. » Vache, chèvre, brebis : c’est, dans ce cas, une affaire de goût.


Allergies : tous les laits sont à exclure

L’allergie aux protéines du lait de vache concerne environ 3 % des nourrissons, mais disparaît spontanément dans 90 % des cas avant l’âge de 8 ans. Elle est rare chez l’adulte. Le traitement consiste à supprimer le lait ainsi que tous les aliments dérivés (laitages, fromages, beurre, etc.). Dans les premiers mois de vie, les bébés non allaités reçoivent des préparations hypoallergéniques prescrites par le pédiatre. « Les laits de chèvre ou de brebis sont à proscrire puisqu’ils présentent une forte réactivité croisée avec le lait de vache », indique le Dr Denise-Anne Monneret-Vautrin, membre de la société française d’allergologie.

« Peu d’études sont à l’heure actuelle disponibles pour étayer l’hypothèse selon laquelle, le lait de vache favoriserait les rhumatismes », poursuit l’allergologue. Le mécanisme invoqué fait intervenir, comme dans le cas des allergies, certaines protéines du lait qui stimuleraient l’intervention du système immunitaire. En attendant d’en savoir plus, retenons que les protéines des laits de vache, de chèvre et de brebis sont relativement proches et, donc, susceptibles d’entraîner les mêmes effets.

 

Cancers : c’est la quantité qui compte

Dans son dernier rapport de 2015, l’Institut national du cancer (Inca) confirme que les produits laitiers de vache pourraient favoriser le cancer de la prostate chez l’homme. Les mécanismes ne sont pas encore complètement élucidés. « Parmi les composés possiblement en cause dans le développement des cancers, les facteurs de croissance, et en particulier l’IGF-1 (insulin-like growth factor 1) », précise Marie-Christine Boutron-Ruault, directeur de recherche à l’Inserm et spécialisée dans l’épidémiologie des cancers. Susceptibles de favoriser la multiplication des cellules cancéreuses, ils peuvent être détectés en plus grande concentration dans le sang des personnes porteuses d’un cancer. « Ils se trouvent dans tous les tissus animaux, c’est à dire aussi bien dans la viande que le lait. Toutefois, l’apport du lait est faible – sauf à le consommer cru – puisqu’ils sont dénaturés par les divers traitements du lait, pasteurisation ou stérilisation puis éventuellement fermentation. En revanche, il est probable qu’une alimentation riche en protéines et en calories augmente la synthèse de ces facteurs de croissance par notre propre organisme », avance-t-elle.

Quid des laits de chèvre et de brebis ? « Comme toutes les denrées d’origine animale, ils contiennent des facteurs de croissance. Mais il n’y a quasiment pas d’études qui s’intéressent à leurs liens éventuels avec les cancers. En l’état actuel des connaissances, il est raisonnable de conseiller la consommation quotidienne de 2 à 3 produits laitiers de vache, de chèvre ou de brebis au sein d’une alimentation équilibrée », conclut Marie-Christine Boutron-Ruault.

Finalement, les produits laitiers de chèvre ou de brebis ne sont pas meilleurs pour la santé. En revanche, ils permettent de varier les plaisirs !

Pour en savoir plus

  • INCA : www.e-cancer.fr
  • www.anses.fr. Vous y trouverez le rapport auquel a participé Marie-Christine Boutron-Ruault, publié en avril 2012 : Etude des liens entre facteurs de croissance, consommation de lait et de produits laitiers et cancers.

 

 

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