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Dossiers Après 50 ans

Maladies rénales : quelle alimentation ?

Exemple de menu adapté

Petit-déjeuner

  • Café ou thé.
  • Baguette tradition, beurre, confiture.
  • Fruit de saison ou jus de fruit (10 à 15 cl).

 

Déjeuner

  • Crudités (50 g), huile de noix.
  • Viande ou poisson (100 g) ou 2 œufs.
  • Légumes verts (200 g), huile d’olive, épices, fines herbes.
  • 1 yaourt.
  • 1 fruit de saison.
  • Baguette tradition.

 

Dîner

  • Crudités (50 g), huile de noix ou potage maison.
  • Féculents, beurre ou margarine végétale.
  • Fromage : 30 g.
  • 1 fruit de saison.
  • Baguette tradition.

Maladie rénale chronique : quel régime ?

Mis en place dès la découverte de la maladie, un régime adapté permet de freiner la dégradation de la fonction rénale. Les grands principes avec Laura Serio, diététicienne du réseau de néphrologie d’Ile-de-France.

Des reins en bonne santé sont en mesure d’éliminer tous les composés indésirables issus de la digestion des aliments. Mais des reins défaillants doivent être ménagés grâce à une alimentation adaptée. On a longtemps prescrit des régimes trop stricts, carencés et fades qui favorisaient la dénutrition. Aujourd’hui, les conseils sont plus souples.

 

Des aliments à modérer

Certains nutriments en excès donnent trop de travail aux néphrons encore fonctionnels. D’autres accélèrent les complications médicales de l’insuffisance rénale.

 

  • Le sel. « Chacun d’entre-nous, même en parfaite santé, devrait modérer sa consommation de sel en prévention de l’hypertension artérielle : l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) recommande de ne pas dépasser 5 à 6 g par jour. En cas de maladie rénale chronique, un excès de sel favorise les œdèmes et fatigue le cœur (insuffisance cardiaque) : il faut se limiter à 5 g quotidiens ».

En pratique : évitez les chips, les olives en saumure et les biscuits apéritifs. Ne consommez que de façon occasionnelle les plats cuisinés, soupes et sauces industriels. Remplacez le sel de cuisine par des herbes ou des épices. Limitez les charcuteries à une à deux par semaine, et le fromage à une portion quotidienne.


  • Les protéines. « Plus on en consomme, plus les reins ont d’urée à éliminer. Dès le début de la maladie rénale, l’apport doit être limité à 0,8 g par kilo de poids et par jour (par exemple, 56 g de protéines par jour pour une personne pesant 70 kilos). Soit juste ce qu’il faut pour prévenir une fonte musculaire tout en ménageant les reins ».

En pratique : contentez-vous d’une part (100 g) de viande ou de poisson, et de 2 à 3 produits laitiers par jour.

 

  • Les phosphates. « Au stade de l’insuffisance rénale chronique, ils ne peuvent plus être éliminés correctement dans l’urine. Ils viennent former des complexes phosphocalciques qui s’accumulent au niveau des artères et augmentent le risque cardio-vasculaire ».

En pratique : modérer les aliments riches en protéines permet de limiter simultanément l’apport de phosphates. Consommez en petite quantité fruits secs oléagineux (amandes, noisettes…), cacao, chocolat noir et flocons d’avoine. Evitez les aliments ou boissons industriels comportant des additifs à base de phosphates, identifiables par leur numéro de code européen (E 338 à 341, E 343, E 450 à 452).

 

  • Le potassium. « A un stade avancé de la maladie cardiaque, sa concentration devient trop importante dans le sang et perturbe le rythme cardiaque, en ralentissant le cœur ».

En pratique : limitez la quantité ou la fréquence des fruits et légumes secs (abricot sec, noisette, haricot blanc), du chocolat, des châtaignes et des pommes de terre. Faites cuire les pommes de terre et les légumes verts à grande eau pour éliminer une partie de leur potassium qui est hydrosoluble.

 

  • L’eau. « L’apport de boissons doit être limité à 1,5 l par 24 heures, de façon à ne pas surcharger les reins ».

En pratique : souvenez-vous que tout compte (eau, café, thé, infusions, vin…). Et évitez les eaux gazeuses riches en sodium (Saint-Yorre, Vichy-Célestins…).

 

Des mesures de prévention cardio-vasculaire

La maladie rénale favorise les incidents cardio-vasculaires par divers mécanismes. Pour s’en protéger, il est important de surveiller le taux de cholestérol sanguin tout autant que la tension artérielle. En vue de réduire le « mauvais » cholestérol (LDL-cholestérol), il faut favoriser les graisses végétales, en particulier les huiles d’olive, de noix et de colza, sans oublier les poissons gras (hareng, maquereau, sardine, saumon) riches en oméga 3, recommandés une à deux fois par semaine. En revanche, mieux vaut éviter l’huile de palme – présente dans de nombreux aliments industriels –, principalement constituée de graisses saturées. Mais aussi modérer le beurre et la crème fraîche. Enfin, les fruits et légumes contiennent de nombreux antioxydants qui contribuent à la protection cardio-vasculaire.

« Toute personne souffrant de maladie rénale chronique doit suivre un régime personnalisé (avec des apports nutritionnels adaptés aux résultats des examens), expliqué par un diététicien spécialisé en néphrologie, conclut Laura Serio. Ce régime doit être modulé au fur et à mesure de l’évolution de la maladie ».

En savoir plus

Les diététiciens spécialisés en néphrologie exercent en milieu hospitalier ou au sein de réseaux de soins dédiés aux maladies rénales, comme le Réseau de néphrologie d’Ile-de France (Rénif) : www.renif.fr

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